Point de rupture

« Tu es castratrice, c’est ça que tu es, tu voudrais que tout le monde te plaignes mais tu veux tout contrôler, mais oui, continue à me regarder avec ton sourire narquois, tu fais la fière, entre ton regard de bonhomme ou ton sarcasme continue, tu fais comme si rien ne t’atteignait, tu es inatteignable, la femme forte, mais on s’en fout, de toute manière, tu vas en faire quoi de ton fils ? un être associable, un rebut de la société qui saura impressionner son prof de philo mais qui aura une vie sentimentale vouée à l’échec…combien d’hommes as tu connu avant moi, pourquoi est ce que tu les jettes tous, parce que tu ne les castres pas ? parce qu’ils sont trop dociles ? arrête de me regarder comme ça…dis quelque chose. »

Quelque chose, j’aurais bien dit quelque chose s’il y en avait à dire, j’aurais bien pris tous les mots disponibles et je les aurais alignés pour expliquer l’infertilité de ces mots qu’il me jetait comme des pierres en essayant de vérifier entre chaque saccade de mots si quelques uns parvenaient à se frayer un chemin en moi pour me taillader, il me demandait de cesser de le regarder mais c’est lui qui accrochait son regard au mien pour y déceler de la peine, des larmes à venir, ou toute autre émotion. Je ne voulais plus bouger, je voyais ses mains trembler, il me faisait de la peine à s’être surpassé pour être méchant, pour vomir ce qu’il retenait en lui comme une concession, comme un arrangement temporaire « j’aime le toi rebelle » me disait t il, il aspirait ses mots. Nous sommes restés à nous regarder ainsi quelques instants puis il alluma une cigarette, comme pour rompre ce bras de fer, j’étais soulagée et je n’avais pas envie d’envisager le pire, de l’imaginer courir réveiller mon fils pour lui raconter comment sa mère était castratrice, comment j’allais détruire sa vie sentimentale par mon trop de liberté, par ma volonté de ne pas appartenir. C’est touchant un homme blessé, mais j’aurais pu deviner ces mots vomis, questionnés comme un enfer de couple, comme ce que je ne voulais pas. Ari s’est mis à la fenêtre et regardait à l’extérieur en soufflant comme pour rembobiner la cassette, comme pour reprendre à nouveau et me dire cela dans un ton moins agressif, avec des phrases moins culpabilisante, je ne bougeais pas de ma chaise et je le regardais de dos, complètement beau mais abîmé, c’était moi l’abîme, la malédiction, je me souvenais d’une de ces premières soirées de notre rencontre, où je lui avais dit, sous le coup de l’ivresse que je n’avais rien à donner, qu’il ne devait rien attendre de moi et je me souviens de son sourire presque satisfait, il ne comprenait sans doute pas que je lui confesse cela alors que j’étais toute passion et amour, il venait me parler de mes blessures, de comptes que je n’aurais pas réglé…c’est dommage parce que tout s’évapore et ça me rend tellement triste de me dire que j’avais raison, qu’ainsi sont les hommes et que je ne suis pas faite pour l’amour. Il a fini sa cigarette, j’ai un peu froid, je sens quelque chose m’habiter, j’ai besoin de me couvrir, de dormir, je lui aurais bien demandé de s’en aller, de trouver une autre occupation, de chercher quelqu’un d’autre à blesser et je pressens ce moment où soulagé d’avoir vomi tous ces mots, il ne reviennent me dessiner la peine, qu’il revienne s’excuser.

 

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Thirteen Thoughts On Writing

current mood

BREVITY's Nonfiction Blog

By Paul Skenazy

  1. Writing is an invitation to humility—you realize you’re on the wrong track, you’ve lost connection with a scene, an emotion, a voice. The return on that humility is when your imagination lets you slip into someone else’s skin. The tales you come up with tell the story you are trying to tell when you sit down to write and also the story of the years you spend working on the book. Rendering a/your life into art changes you.
  2. Trust your intuitions but trust (admit) that you don’t understand what your intuitions are telling you. They have their own truth and direction; your job is to follow where they lead. This doesn’t mean you don’t exert control, but you don’t exert as much control as you think you do. And you are often at your best when you don’t.
  3. Defend your story; don’t give up on it. At…

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préambule

Réapprendre à vivre, je dirais apprendre à vivre, mettre de côté tout ce qui fut, tout ce qu’on a cru connaitre, maîtriser et se lancer dans cette grande quête de sens. Je n’habite pas mon corps, il y a comme une dissonance entre cette enveloppe et moi, aucune conscience de moi même, ce qui me bute rapidement dans le premier objet que je croise et me cogne au premier être à qui je souris. C’est cela ma vie aujourd’hui, une sorte de grande épreuve intangible où le réel m’échappe tout le temps sans que je cherche à le retrouver ou le saisir…c’est ainsi que tout cela file comme une conséquence à tout ce qui précède, le pays natal, les parents et les secrets dont on ne se défait jamais pour toujours préserver autrui mais jamais sois-même.minimalism-94802_960_720

Je prends conscience du temps, parfois, un sursaut de vie, de révolte, s’accaparent de moi sut le temps court, mais je ne sais que me blâmer dans un sanglot qui me rapproche plus d’une envie d’en finir que de me motiver à quoi que ce soit, alors je me ressaisis en me demandant le sens de tout cela chaque matin, chaque soir, à chaque réveil et dans chaque regard que je croise.

On peut accomplir beaucoup de choses, bien lointaines de ce à quoi on nous destinait, on ne cesse d’apprendre et de se questionner, mais rien ne compte si on n’a pas le courage d’esquisser des réponses, de tenter au moins de poser des mots sur notre quête et de regarder la vérité dans les yeux sans culpabiliser.

chagrin de novembre

Mon cher ami, mon cher amour,

Novembre est là et me couvre de son froid, je me suis coupée les cheveux pour toi, les jours défilent pour rejoindre ton souvenir rapidement, pour que l’oubli auquel je me contrains, l’absence que je m’impose se délitent face au temps et que ton image me revienne plus vive que jamais, sans artifices, brut et brutale et que je te regarde en face, moi qui refuse encore ta présence, moi qui me couche tôt pour palier à ton absence, moi qui ne veut penser à toi par lâcheté, par peur ou par désespoir.

Mon bien aimé, je me prépare sobrement à la tempête, j’attends les remous, je suis assise, sans aucun pouvoir sinon celui de répandre l’amour que j’ai pour toi, la nature me le réclame, la mère terre me le réclame, je ne peux plus le garder en moi, l’enfouir et le cacher comme pour te garder toi, pour figer le temps, pour oublier d’oublier, pour essuyer le souvenir avec de la peine.

Mon cher autre, celui que je connais à peine et qui me connais bien, la peine irradie tout mon être, et je te sais loin pour toujours, je sais que jamais plus tu ne viendras toucher mon front, que jamais tu ne bouquineras sur ce banc que je n’ai pas encore installé dans le jardin, que tu ne te plaindras pas du froid ni de la distance, tu es parti en silence sans même qu’on puisse honorer nos rendez-vous suspendus dans l’infini, perdus à jamais.

 

Mon bien aimé, tu es parti mais je suis là et je ne sais que faire, je ne sais quelle route prendre ni quoi te raconter maintenant, oui, je me suis coupée les cheveux et je t’écris sur des feuilles volantes, je te dessine sur des brouillons et je te raconte aux feuilles mortes qui connaissent ton prénom.

La maison du rocher (3)

J’aime retrouver la nuit, le monde de la nuit représente pour moi la sécurité, c’est pourtant la nuit que la plupart des crimes sont commis, que les gens peuvent se faire  assassiner chez eux alors qu’ils rentrent d’une journée grise de labeur, ou qu’ils viennent tout juste de regarder le JT sur une chaîne nationale triste et aux ordres.

Il y avait quelque chose de brutal dans l’alternance jour nuit :  la nuit tombait comme par surprise, peu importe la saison, les dernières personnes qui traînent dehors courent se réfugier avant l’occupation de la nuit par les cagoulés, les masqués, les infiltrés, les déguisés, les haineux de tous bords, en priant qu’une fois le verrou fermé, rien ni personne ne sera caché dans les escaliers, derrière un arbre ou dans la ruelle sombre qui mène quelque part, prier pour survivre tout en banalisant la mort.

J’aime bien sortir tôt le matin, dès que le couvre-feu est levé, traverser la ville avec le chauffeur clandestin qui racle bruyamment sa gorge et qui a toujours des histoires à raconter la semaine. Il s’appelle Ali et ressemble vaguement à Ismail Yasseen, acteur égyptien que j’adorais depuis toute petite car il me faisait rire aux éclats. Ali n’est pas aussi drôle que Yasseen, mais conscient de la ressemblance, il aimait raconter que son père a répudié sa mère à la naissance, lui reprochant d’être amoureuse de cet acteur pourtant déjà décédé à ce moment là.

 

 

aujourd’hui, j’arrête

Déménagement fait, changement de mode de vie et d’organisation, maison toujours en travaux et fatigue extrême, je suis à bout, physiquement et mentalement.

Ce matin, après avoir perdu mon sang froid de façon ridicule, et être arrivée au travail bien assez en avance pour profiter d’un moment de calme pour prendre mon café et réfléchir à tout cela, j’ai décidé désormais de tout faire en sorte pour éviter les mécanismes habituels de culpabilité (puisque oui, je ne suis qu’un être humain et que je ne suis pas au top tout le temps et que cela n’est pas bien grave).

J’ai surtout décider d’arrêter. Quoi ? un tas de choses.

  • arrêter de zapper des priorités telles que la santé, le bien être : pour avoir la paix, pour pouvoir contrôler ses émotions, il faut ne pas avoir mal, ne pas négliger des petits soucis de santé qui peuvent pourrir la vie, empêcher de dormi et grossir pour devenir de gros soucis qui nous plombent le quotidien. Donc rdv pris chez le médecin, et tant pis pour la peinture pour la salle de bain et pour la demi-heure ou heure de retard sur mon programme, il y a des choses essentielle et cela fait trois semaines que j’oublie de m’occuper de moi.

 

  • arrêter la clope : je suis de celles qui ont cette chance de n’allumer une cigarette qu’en soirée lorsque l’envie m’en prend et de fumer pour le « plaisir », sans dépendance. Au fait, je me rends compte que cette « liberté » là est relative et qu’en période de stress et de fatigue intense, je doute que les quelques clopes que je fume quand même, m’aide à être plus détendue…en tous cas pas sur le long terme.

 

  • arrêter d’être ultra-connectée : entre recherche d’informations, réseaux sociaux, je voudrais pouvoir réduire mon temps de disponibilité pour toutes ces choses chronophages et profiter de l’essentiel, quitte à y revenir plus tard (ou pas), mais maintenant tout de suite, en m’écoutant, je sais qu’il faut que je sois là ici et maintenant, à l’écoute et prévenante, attentive au réel et déconnectée. J’ai une chouette bibliothèque, je peux donc arrêter de lire sur écran, je reçois un mensuel papier par courrier et je n’ai que 24h dans une journée.

 

  • arrêter de tout vouloir tout de suite : je suis impatiente, depuis toute petite, j’ai du mal à attendre, patienter, je veux les résultats immédiats et cela m’a causé bien des tords jusqu’à ce jour. Je voudrais, dans ma démarche personnelle et familiale, apprendre à ralentir, non seulement pour profiter de l’essentiel mais surtout le cerner, savoir l’identifier et ne pas passer à côté.

 

Si je la fais en développement personnel : je vais commencer à prendre soin de moi concrètement, à profiter des moments simples de la vie, à reprendre le « slow-life » et apprécier le « maintenant », le moment présent, cesser de me projeter et d’anticiper parce que ça ne fait qu’épuiser le temps et la quiétude.

 

premier réveil

Premier réveil chez moi,  pluie douce de l’automne et  vent de la fin. C’est fou ce que l’amour nous fait, ce qu’il nous transforme. Je te regarde comme au loin alors que tu es juste à mes côtés, que tu partages cet espace avec moi pour quelques heures, je te regarde de loin, de mes yeux tombants et de ma crinière courte et délavée. Je suis tellement heureuse de ta présence mais c’est tellement froid à l’intérieur de moi. Je crois que j’ai fait zéro effort ce week-end, je crois aussi que j’ouvre les yeux sur moi, sur les autres et toujours avec bienveillance, parce que j’apprends à vivre mais du haut de mes trente ans et que je me réveille.

J’aime maintenant librement, je ne consens plus à subir plutôt que choisir et je sais quand je n’aime pas.

Alors mes rencontres et mes amours sont éphémère et depuis toi, rien ne me secoue, rien ne m’anime, et tu me manques même si je ne bouge pas, même si je ne réalise pas que je dors dans tes bras, pour 48 h, pour l’amitié, pour l’amour pur, entre deux humains, différents et tellement semblables.

Je suis heureuse de ta présence et j’ai enfin appris qu’avant de prétendre aimer qui que ce soit, il faut d’abord s’aimer soi même.

 

Déménagement suite sans fin

J’ai changé de tête cinq fois en l’espace de trois semaines, et cela de façon assez spectaculaire. Crise de la trentaine vous m’direz…mais je fais avec mes cheveux comme je fais avec le reste, j’élague, je me débarrasse et je change. Je ne sais pas s’il y a un quelconque rapport avec ma trentaine, ma solitude lumineuse où les poils que laissent mes bêtes partout chez moi, mais je suis plutôt contente de ce changement parce qu’il amorce un nouveau quotidien dans le quel je ne me projette toujours pas.

Le week-end était ponctué de SMS d’un ami solidaire qui viendra se torturer le dos et les muscles pour m’aider à déménager et depuis une semaine, il me rappelle quotidiennement, à quelque 200 km de distance, les jours qui me séparent de la date fatidique. Quand j’ai reçu samedi soir le SMS annonçant « J-6 », je venais de rentrer d’une maison en travaux, où le peintre a juste oublié de faire tout un pan de peinture et dans laquelle il n y aura ni cuisine ni salle de bain avant au moins 3 semaines. J’ai jeté un coup d’œil sur les cartons qui commencent à me déranger sérieusement, sur les tas de livres qui traînent encore sur les étagères et sur les sacs de vêtements et d’objets à donner, j’ai regardé le ciel dégagé et les lumières roses de fin de journée et j’ai pris la décision qui s’imposait : Je suis sortie prendre un verre (voire plus) et passer la soirée avec des amis. De premier abord, la décision peut paraître irresponsable, mais j’étais dans un état physique et psychologique tel, que si j’avais renoncé à me changer les idées, je me serais retrouvée à 2h du matin entrain de pleurer au milieu des cartons (j’avoue, j’aurais sans doute avancé). Au lieu de cela, à la même heure, j’étais entrain de parler, à moitié pompette, de l’ego démesuré de Mélenchon et des prochains concerts au 106.

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Je suis rentrée chez moi ressourcée, j’avais bien ri, et vous savez quoi ? les cartons ne se sont pas envolés, ils étaient restés là, bien sagement à m’attendre.

J-5, il ne me reste plus qu’à me faire une cure de vitamines, de bonnes pensées positives et de mettre en route un plan d’action d’urgence, histoire de survivre à cette semaine et à ce week-end dans la joie et la bonne humeur.

« Je n’ai attendu personne »

 

lit

 

JE N’AI ATTENDU PERSONNE

Je saurai, quoique tu partes avec le vent, comment
Te ramener. Je sais d’où vient ton lointain.
Pars donc ainsi que les souvenirs vers leur puits
Eternel, tu n’y trouveras pas la Sumérienne portant une jarre
Pour l’écho et t’attendant.
Quant à moi, je saurai comment te ramener.
Pars donc derrière les flûtes des vieux peuples de la mer et
La caravane du sel dans son périple infini. Et pars,
Ton chant s’échappe de moi, de toi et de mon temps.
Il cherche un nouveau cheval qui fasse danser sa cadence
Libre. Tu ne trouveras pas l’impossible assis t’attendant, comme au jour où
Je t’ai trouvé, où je t’ai enfanté de mon désir.
Quant à moi, je saurai comment te ramener.
Et j’irai avec le fleuve d’un destin à
Un autre, car la lune est prête pour te déraciner
De ma lune et sur mes arbres, les paroles dernières sont prêtes
A tomber place du Trocadéro. Retourne-toi
Pour trouver le rêve et pars
Dans n’importe quel orient ou occident qui te lestent encore d’exil
Et m’éloignent d’un pas de mon lit et de l’un
Des ciels de mon âme triste. La fin
Est sœur du commencement. Pars et tu trouveras ce que tu as laissé
Ici, t’attendant. Je ne t’ai pas attendu et je n’ai attendu personne.
Mais je devais, comme toutes les femmes solitaires
Dans leurs nuits, coiffer mes cheveux
Lentement, gérer mes affaires, briser
Sur le marbre, le flacon d’eau de Cologne et interdire à mon âme
De s’occuper d’elle-même, l’hiver.
Comme si je lui disais : Réchauffe-moi
Et je te réchaufferai, ô mon épouse, et prends soin de tes mains.
Que leur importe la descente du ciel sur terre
Ou le voyage de la terre au ciel ?
Prends soin de tes mains, qu’elles te portent – tes mains sont tes maîtresses, disait Eluard … – Pars
Je te veux et ne te veux point
Je ne t’ai pas attendu, je n’ai attendu personne
Mais je devais verser le vin
Dans deux coupes brisées et interdire à mon âme
De s’occuper d’elle-même en t’attendant !

 

Mahmoud Darwish

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